Le naufrage de SMBv1 chez Microsoft : comment un protocole vieux de 30 ans a fait dérailler Windows
La mise à jour Windows de septembre plonge le partage de fichiers hérité dans le chaos, soulignant pourquoi une technologie ancienne peut être le rêve d’un pirate et le cauchemar d’un administrateur moderne.
Faits rapides
- Les mises à jour Windows de septembre 2025 perturbent les connexions aux partages de fichiers SMBv1 via NetBIOS.
- Les systèmes concernés incluent Windows 10, 11 et Server 2022/2025.
- Contournement temporaire : autoriser le trafic sur le port TCP 445 pour contourner le problème.
- SMBv1 est un protocole vieux de 30 ans, obsolète depuis 2014 en raison de failles de sécurité majeures.
- Des cyberattaques tristement célèbres comme WannaCry et NotPetya ont exploité des vulnérabilités SMBv1.
Quand l’ancienne technologie entre en collision avec la sécurité moderne
Imaginez l’ancien classeur de votre bureau qui refuserait soudainement de s’ouvrir après l’installation d’une nouvelle serrure - sauf qu’ici, le classeur est numérique, et des millions de personnes en dépendent chaque jour. C’est ce qui s’est produit lorsque Microsoft a déployé ses mises à jour de sécurité Windows de septembre 2025. Du jour au lendemain, les organisations qui s’appuyaient sur le protocole de partage de fichiers héritél SMBv1 se sont retrouvées bloquées, incapables d’accéder aux fichiers et dossiers partagés sur les réseaux.
Le coupable ? Un problème connu déclenché par la nouvelle mise à jour, touchant non seulement des PC individuels, mais une large gamme de systèmes : Windows 10, Windows 11 et les dernières éditions de Windows Server. Le bug désactive les connexions aux partages SMBv1, en particulier lors de l’utilisation de NetBIOS sur TCP/IP - une méthode réseau remontant aux débuts d’Internet.
SMBv1 : un protocole hérité hanté par son passé
Server Message Block version 1 (SMBv1) a autrefois constitué l’épine dorsale du partage de fichiers dans les environnements Windows. Introduit au début des années 1990, il est resté en place bien longtemps après l’arrivée de versions plus récentes et plus sûres. Microsoft a commencé à le supprimer progressivement en 2014, mais des poches du monde numérique - en particulier dans d’anciens environnements d’entreprise - continuent de s’y accrocher.
Les risques ne sont pas théoriques. En 2017, des cyberarmes de la NSA divulguées ont exploité les vulnérabilités de SMBv1, alimentant les campagnes mondiales de ransomware WannaCry et NotPetya. Ces attaques ont paralysé des hôpitaux, des géants du transport maritime et des gouvernements, se propageant comme une traînée de poudre via des connexions SMBv1 non corrigées. Depuis, les avertissements de Microsoft à abandonner SMBv1 n’ont cessé de se multiplier.
Rompre la chaîne : les détails techniques en version simplifiée
La mise à jour de septembre perturbe SMBv1 uniquement lorsque l’ancien protocole NetBIOS est utilisé. NetBIOS est comme un système postal dépassé - lent et peu sûr - tandis que TCP/IP, plus moderne, est plus rapide et mieux protégé. Le palliatif actuel de Microsoft ? Laisser passer le trafic sur le port TCP 445, en incitant les systèmes à utiliser la méthode plus récente et plus robuste pour les connexions SMB.
Si ce contournement rétablit l’accès, il constitue aussi un signal de Microsoft pour enfin abandonner SMBv1 une bonne fois pour toutes. Le protocole ne dispose pas des protections de base présentes dans ses successeurs, laissant grand ouvertes les portes aux pirates qui veulent intercepter, usurper ou détourner les transferts de fichiers.
Leçons tirées d’une relique tenace
Cette nouvelle perturbation est plus qu’un simple incident technique : c’est un avertissement. Alors que Microsoft s’efforce de corriger le bug, la véritable solution est claire : les protocoles hérités comme SMBv1 sont des bombes à retardement. Dans un monde où les menaces cyber évoluent plus vite que les systèmes hérités ne peuvent être retirés, s’accrocher à une vieille technologie revient à ouvrir grand la porte au désastre.
Pour les équipes informatiques et les dirigeants d’entreprise, le message est sans détour : mettez à jour, modernisez, ou préparez-vous à rester dans l’obscurité numérique. L’avenir appartient à ceux qui savent tourner la page du passé.
WIKICROOK
- SMBv1 : SMBv1 est le protocole Windows d’origine pour le partage de fichiers en réseau, désormais obsolète et vulnérable aux menaces de sécurité. Les systèmes modernes devraient l’éviter.
- NetBIOS : NetBIOS est un ancien protocole réseau Windows pour la communication locale et le partage de ressources, désormais largement remplacé en raison de préoccupations de sécurité.
- port TCP 445 : Le port TCP 445 est utilisé par les protocoles SMB modernes pour permettre un partage direct et sécurisé des fichiers et des imprimantes entre ordinateurs sur un réseau.
- WannaCry : WannaCry est une attaque de ransomware de 2017 qui s’est rapidement propagée en exploitant des failles SMBv1 de Windows, chiffrant les fichiers et réclamant des rançons en Bitcoin.
- Correctif/Mise à jour : Un correctif ou une mise à jour est une correction logicielle publiée pour réparer des bugs ou des problèmes de sécurité, afin de maintenir les programmes sûrs et efficaces.




